Hématologie

L’oncohématologie, sous-spécialité de l’oncologie (et de l’hématologie), a pour mission de prendre en charge les cancers hématologiques présents tant dans l’enfance (où la leucémie lymphoblastique aiguë ou LLA est la forme la plus fréquente) que chez les personnes âgées (où les cancers hématologiques d’évolution chronique tels que les lymphomes sont plus fréquents). 

Les cancers hématologiques représentent la 4ème cause de décès suite à un cancer pour les deux sexes

Les cancers hématologiques  constituent une entité hétérogène comprenant cinq grandes familles : les leucémies, les lymphomes, les syndromes myéloprolifératifs, le myélome multiple et les myélodysplasies. Ces classes  de cancers hématologiques englobent  une centaine d’affections pour lesquelles une prise en charge très spécifique est aujourd'hui de mise, en fonction des altérations cytogénétiques et moléculaires mises ou non en évidence.

L'épidémiologie de ces cancers, qui représentent environ 10% de l'ensemble des cancers, est différente de celles des tumeurs solides et leur prévalence tend à croître en raison d'une augmentation d'incidence chez les "survivants du cancer" et de facteurs environnementaux pour certaines pathologies. A l'heure actuelle, l’incidence annuelle des cancers hématologiques, tous types confondus, est de l'ordre de 6.500 à 7.000 nouveaux cas en Belgique. Les cancers de la lignée lymphoïde (leucémies, maladie de Hodgkin et lymphomes non-hodgkiniens) et de la lignée plasmocytaire (maladie de Kahler) représentent environ les deux tiers des cas et les cancers de la lignée myéloïde (leucémies, syndromes myéloprolifératifs et myélodysplasies) environ un tiers. Plus de 1.600 nouveaux cas de leucémies et, environ 2.000 nouveaux cas de lymphome non Hodgkinien (qui représente le type de cancer hématologique le plus fréquent) sont enregistrés chaque année en Belgique. 

Les avancées thérapeutiques ont permis d’améliorer la survie des patients atteignant ainsi des taux de survie à 5 ans d’environ 65%  de manière générale. Des taux de survie à 5 ans allant au-delà de 80% dans la leucémie lymphoïde chronique  et le lymphome folliculaire, grâce notamment à la combinaison de stratégies de traitement telles que :

  1. En avant-plan la chimiothérapie
  2. La combinaison (ou pas) de la chimiothérapie avec  les « thérapies ciblées », telles que l’immunothérapie, avec les  anticorps anti-CD 20, et plus récemment  les inhibiteurs de la voie de signalisation du récepteur des cellules B (inhibiteurs du BCR) incluant la Bruton tyrosine kinase (BTK) et la phosphoinositide 3-kinase (PI3Kδ). Les récepteurs situés sur les cellules T et régulant la mort cellulaire peuvent aussi être ciblés avec des inhibiteurs tels que les antiPD1 (qui vont bloquer l’action des PD-L1 sur les cellules T. 
  3. L’autogreffe ou l’allogreffe.

De nouvelles stratégies de traitement innovantes et aux modes d’action différents sont en cours d’étude et de développement ; toujours avec l’objectif d’améliorer le pronostic et la survie des patients tout en procurant un bénéfice en termes d’efficacité et de tolérance.

 

Références:

Chiffres d’incidence : Belgian Cancer Registry (http://www.kankerregister.org/)