Cancer de l'ovaire

Le cancer de l'ovaire est peu fréquent (2% de l'ensemble des cancers) et son incidence baisse régulièrement en grande partie à cause de l'usage de la contraception orale et dans une moindre mesure de la désaffection pour le traitement hormonal substitutif prolongé de la ménopause. Parmi les autres facteurs associés à une réduction du risque figurent la multiparité, l’allaitement et la prise de progestérone. A l'inverse, il a été établi un lien direct entre le cancer de l'ovaire et l'obésité. L'adénocarcinome qui se développe à partir des cellules épithéliales de l'ovaire est le type histologique le plus fréquent (90% des cas). 

En Belgique en 2014, 848 nouveaux cas ont été diagnostiqués et il y a eu en 2012, 678 décès imputables à ce cancer. La survie à 5 ans est de l'ordre de 43%, un taux qui n'a pas diminué sur la dernière décennie et qui s'explique par un diagnostic souvent tardif (stade FIGO III ou IV dans environ 70% des cas) en raison du caractère très peu symptomatique avant l'envahissement de la cavité pelvienne et du péritoine

 

Une composante génétique

Le cancer de l'ovaire a une cause génétique dans environ un cas sur 10.  Les antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire chez un parent du premier degré augmentent le risque de ces mêmes cancers et les femmes les plus à risque sont celles qui sont porteuses d’une mutation affectant BRCA1 ou BRCA2, deux gènes dont l’altération est responsable des formes héréditaires de cancer du sein. Les mutations de BCRA1 augmentent d'environ 40% le risque cumulé de développer un cancer de l’ovaire (12 à 20% pour les mutations de BRCA2).  Par ailleurs 5 à 8% des femmes ayant un cancer de l'ovaire et ne présentant pas d'antécédents familiaux sont porteuses de telles mutations, posant la question de l'intérêt d'un dépistage génétique plus systématique. Il n’existe à ce jour aucun test de dépistage fiable du cancer de l’ovaire.

 

Des traitements lourds

Comme dans bien d'autres cancers, le choix du traitement se fait en fonction du degré d'extension (stade), ce qui veut dire compte tenu de la fréquence des stades III et IV.  La chirurgie extensive sous la forme d'une hystérectomie complète avec annexectomie bilatérale est bien souvent complétée par un curage ganglionnaire et l'exérèse de portions d'intestin et/ou de péritoine. Cette chirurgie peut être suivie d'une chimiothérapie adjuvante. La chimiothérapie peut également être utilisée en néo-adjuvant afin de réduire la charge tumorale et permettre l'intervention chirurgicale. Au stade IV de la maladie, un traitement antiangiogénique est souvent ajouté. Lors de récidives, une chirurgie-chimiothérapie et/ou des traitements "ciblés" peuvent être proposés.

Depuis 2013, le 8 mai est la journée mondiale du cancer de l'ovaire, une occasion d'attirer l'attention sur ce cancer et sur les progrès en cours. Un immense espoir pour ce cancer qui est associé au taux de survie le plus faible de tous les cancers gynécologiques. 

 

Références:

Chiffres d’incidence : Belgian Cancer Registry (http://www.kankerregister.org/)