Carcinomes basocellulaires

Les carcinomes basocellulaires se développent à partir des kératinocytes situés dans  la couche de l'épiderme la plus profonde, encore appelée basale, d'où leur nom. Ce sont les cancers cutanés les plus répandus et leur fréquence est probablement sous-estimée car ils ne sont pas toujours déclarés dans les registres qui comptabilisent les cancers.  En Belgique, sur la période 2004 – 2012, 113.254 cas ont été enregistrés et 87.841 pour la seule période 2009 – 2013, ce qui témoigne d'une forte augmentation d'incidence. On estime qu’il y a chaque année environ 16.000 nouveaux cas pour l’ensemble de la population belge. A l'échelon mondial le taux d'incidence standardisé pour l'âge exprimé en 100.000 personnes-année est passé sur la période 2004 à 2012 de 36,9 à 98,4 pour les hommes et de 34,2 à 102,0 pour les femmes. 

Le rôle primordial de l’exposition solaire

Les carcinomes basocellulaires touchent aussi bien les hommes que les femmes, ils sont le plus souvent diagnostiqués à partir de la cinquantaine. A l'inverse des carcinomes spinocellulaires, pour les carcinomes basocellulaires il n’y a pas à proprement parler de professions exposées. Les personnes de type caucasien (peau, yeux et cheveux clairs), qui ont des difficultés à bronzer et prennent facilement des coups de soleil sont celles qui sont le plus à risque. Sont particulièrement dommageables les expositions brutales et répétées au cours des 20 premières années de vie. Le vieillissement de la population et l'augmentation du diganostic diagnostic de ces cancers explique une part de la croissance de l'incidence. Cependant, il n'en demeure pas moins qu'une majeure partie de cette incidence est due aux modifications de notre mode de vie et de notre comportement. Il peut s'agir, par exemple, de l'augmentation des activités extérieures, de la mode vestimentaire (tenues plus légères et moins couvrantes), de périodes de vacances générant des expositions solaires excessives, brutales et répétées, sur une peau non préparée.

Une malignité strictement locale, mais des séquelles parfois importantes 

Les carcinomes basocellulaires n’ont qu’une malignité locale, ils ne métastasent ni dans les ganglions, ni à distance. Toutefois, si on les laisse évoluer longtemps sans les traiter, ils peuvent se développer en profondeur et envahir les différents tissus ou organes sous-cutanés. De nos jours de telles évolutions sont très rares. De 80 à 85% des carcinomes basocellulaires se développent dans les zones les plus exposées (visage et dos des mains en particulier) où l’exérèse selon les standards de ce type de chirurgie n’est pas toujours facile à mener à bien sans préjudice esthétique et peut nécessiter le recours à la chirurgie plastique réparatrice. Il est donc nécessaire de traiter le plus tôt possible afin de permettre l'exérèse la moins large. Plutôt que de devoir guérir, il est préférable de prévenir en se protégant du soleil. L'efficacité de la prévention étant parfaitement démontrée.

Références:

Chiffres d’incidence : Belgian Cancer Registry (http://www.kankerregister.org/)